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Cycle infernal des violences intemporelles

 

Observant soit l’Histoire de l’Humanité, soit les histoires entre hommes et femmes, en prenant de la hauteur et donc du recul, un sentiment d’éternel recommencement, de copier-coller s’impose. Liliom en est une démonstration qui interpelle et, à la limite, fait froid dans le dos.

 

Cette pièce, écrite en 1909 par l’écrivain hongrois Ferenc Molnár, peut, un siècle plus tard, sans en modifier le contenu, être un témoignage éloquent de ce qui se passe aujourd’hui dans notre société dite développée, garante des droits de l’Homme, et plus particulièrement dans ce cas-ci, de ce qui peut se tramer à l’intérieur d’un couple.

 

Liliom, bonimenteur sur un manège de fête foraine, rencontre Julie, une petite bonniche, naïve, spontanée, serviable, un rien rêveuse, qui aspire, comme sa copine, comme la plupart d’entre nous, à connaître, à vivre une belle et grande histoire d’amour.

 

Dans une société inévitablement inégalitaire (ce n’est pas neuf), cet amuseur a des difficultés à construire un foyer équilibrant et équilibré, à prendre ses responsabilités de père ; il souffre du manque d’argent puisque, et ce, depuis belle lurette, tout se monnaie. Il est mal, il a mal, il fait mal. Qui paie ? Encore et toujours la femme, l’épouse, la mère.

Pour mettre en scène cette fable sociale et son thème, hélas récurrent, de violences conjugales, Myriam Muller a fait appel à Christian Klein et à sa scénographie ingénieuse de plateau tournant permettant de jouer aussi bien dans la verticalité que l’horizontalité. Une face est constituée par un amoncellement de meubles en bois imbriqués les uns dans les autres à l’image de certains quartiers surpeuplés.

 

Si la thématique est dramatique, la représentation offre des moments de comédie et même de poésie grâce à une dizaine d’interprètes aussi musiciens, à des variations d’éclairages flamboyants, à des fumigènes créant une atmosphère ouatée de vie idéalisée ou onirique.

 

Petit bémol cependant : est-ce parce que la création a eu lieu il y a plus de deux ans et que la troupe est restée sans la jouer durant plusieurs mois, il est à constater, par moment, un manque de rythme et de présence corporelle.

 

Isabelle Spriet, Tourcoing 12 juin 2024


Liliom ou la vie et mort d’un vaurien

 Adaptation et mise en scène : Myriam Muller

Avec : Mathieu Besnard Liliom / Isabelle Bonillo Mme Muscat / Jorge De Moura Le Tourneur et Gardien du ciel / Rhiannon Morgan Hollunder / Sophie Mousel Julie / Clara Orban Louise / Valéry Plancke Flic et Gardien du ciel / Manon Raffaelli Marie / Raoul Schlechter Linzmann, Beifeld et Kadar / Jules Werner Fiscur et Dr. Reich /

Avec la participation de Catherine Mestoussis La secrétaire du ciel

Scénographie : Christian Klein 

Costumes : Sophie Van den Keybus

Lumières : Renaud Ceulemans 

Vidéos : Emeric Adrian 

Direction musicale : Jorge De Moura & Jules Werner 

Création sonore : Patrick Floener 

Assistant à la mise en scène : Antoine Colla

Photo : Antoine de Saint Phalle

Le texte est publié aux Éditions Théâtrales

Production : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

En tournée

12,13>14.06.2024 :L’Idéal (Théâtre du Nord) Tourcoing


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