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Décentralisation de la culture : une ombre qui rayonne

Festival In – Une Ombre vorace - lieu itinérant.

 

« Une ombre vorace » de l’argentin Mariano Pensotti, auteur et metteur en scène, peut se targuer de cocher positivement tous les critères à tenir en compte pour un spectacle de grande qualité malgré la difficulté de s’adapter à un lieu de représentation qui change quotidiennement.

 

Comme l’affirme Jean-Christophe Daudet, si Jean Vilar, créateur du festival en 1947, a décentralisé la culture de Paris à Avignon, Olivier Py, en 2014, l’a décentralisé d’Avignon jusque dans les petites communes aux alentours. Une ombre vorace s’inscrit donc dans cette logique pour permettre à un public non citadin d’accéder au plaisir de découvrir une pièce non démagogique qui touche les cœurs et les cerveaux.

 

L’histoire est celle de Jean Vidal, 35 ans, star de l’alpinisme en déclin. Il décide d’aller au bout de l’ascension que son papa n’a jamais terminée, emporté par une tempête de neige. En parallèle, un film consacré à la vie de la vedette trentenaire est en projet. Roux, proposé pour le rôle, espère prouver à son propre père, metteur en scène, qu’il n’est pas nul. 

Une scénographie d’apparence simple, un grand panneau blanc divisé en six rectangles pivotants, se révèle d’une extraordinaire inventivité, ouvrant toute grande la porte de l’imaginaire. S’offrent aux yeux des lieux aussi divers que l’Annapurna, un studio de cinéma, le chez soi d’un acteur ou d’un sportif,…

La réversibilité du panneau en miroir est forte en symbolisation puisque toute la pièce est jouée en symétrie, en parallèle, en écho ; l’effet réflecteur implique le spectateur. 

 

Les deux comédiens, Élios Noël incarnant au départ Jean Vidal et Cédric Eeckhout, l’acteur malade, papa solo d’une ado, sont d’une grande justesse et d’une incroyable fluidité dans l’endossement successif des personnages, tout cela l’air de rien mais sous-entendant des heures et des heures de travail précis et rigoureux.

 

Quant aux monologues, ils sont riches en questionnement sur la frontière entre réalité et fiction, cinéma et théâtre, entre le cirque médiatique et l’engagement sociétal. Comment se connecter à soi-même, jouer son propre rôle de père ou jouer quelqu’un d’autre ? Comment réagir quand on n’est plus au sommet ? Avec sourire et humour, en final, une critique sur les critiques et leur enthousiasme à être chaque soir en décentralisation !

 

Isabelle SPRIET

5 juillet 2024, Caumont-sur-Durance

Une ombre vorace - Durée : 1 h 30

Réservations  ICI


 Photo © Christophe Raynaud de Lage

Avec :  Cédric Eeckhout, Élios Noël

Texte et mise en scène : Mariano Pensotti 

Dramaturgie : Aljoscha Begrich

Scénographie et costumes : Mariana Tirantte  

Musique et son : Diego Vainer 

Lumière : David Seldes 


Prochaines dates :

5 JUILLET À 20H Salle des fêtes La Pastourelle Saint-Saturnin-lès-Avignon

6 JUILLET À 20H Salle Polyvalente Pujaut 

8 JUILLET À 20H Site archéologique de Glanum Saint-Rémy-de-Provence 

9 JUILLET À 20H Salle Blanchard Les Angles 

10 JUILLET À 20H Espace Baron de Chabert Barbentane

11 JUILLET À 20H Complexe sportif Jean Galia Rochefort-du-Gard

12 JUILLET À 20H Arènes Robert Garlando Roquemaure 

13 JUILLET À 19H CCAS Festival Contre-Courant Complexe de loisirs de la CMCAS Avignon (en entrée libre)

15 JUILLET À 20H Cour du Château Vacqueyras 

16 17 JUILLET À 19H Théâtre Benoît-XII Avignon

18 JUILLET À 20H Les Arènes Vallabrègues 

19 JUILLET À 20H Festival Villeneuve en Scène Villeneuve lez Avignon 

20 JUILLET À 20H Cour du Château Saze

 

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