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100% A.I. (Artiste Imaginatif)

  • ruedutheatre
  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture

Un pur chef d’œuvre – Théâtre 3S – 16h45 – relâche les 15 et 22 juillet

 

A l’heure où les I.A. conversationnelles tendent parfois à supplanter la réflexion humaine, que penser d’une pièce qui serait écrite par un générateur algorithmique de texte théâtral ? Conçu comme une réflexion sur l’innovation au service de la création artistique, « Un pur chef d’œuvre » est un OVNI théâtral iconoclaste, drôle et décalé. 100% made by « A.I. »

 

Un pré-show américain à la française, avec un Sachs souriant, accueillant, bienveillant. Le public s’installe et apprend, par l’artiste lui-même, que le « pur chef d’œuvre » qui va être créé sur scène dans les minutes qui suivent sera généré par IA, à partir d’un prompt et de quelques mots clés que l’artiste choisira.

 

Et de situations prévues en coups de théâtre, de rembobinages en bugs techniques, l’histoire nous entraine dans un huis clos à la Pirandello, dans lequel les personnages sont les jouets d’un marionnettiste émerveillé. Dans un décor sommaire, fait de bric et de broc. Le créateur tireur de ficelles emporte ses personnages dans un univers clos qui fait fi tout à la fois de l’unité de temps et de l’unité d’action. Tout semble aller dans tous les sens, comme dans un feu d’artifice, une fusion d’idées où la logique aurait du mal à tracer son chemin.  

Toute est ici construit sur des mises en abymes incessantes. Un peu à la manière d’une récursivité visuelle, dans laquelle le théâtre se mettrait sans fin en scène. Les comédiens se jouent de leurs personnages, à moins que ce ne soit l’inverse. Sachs excelle dans son rôle de maître du jeu, avec une finesse superbe.

 

Comme pour toute création, l’ensemble n’a pas encore forcément trouvé tout son rythme, mais on est déjà dans une comédie déjantée de fort belle facture. Avec beaucoup d’autodérision et de second degré. A tout point de vue : texte, lumières, décor et jeu. Le spectacle nous entraine dans une joyeuse pagaille et une cacophonie d’émotions que seuls les humains savent créer. Les algorithmes n’ont qu’à bien se tenir, les artistes n’ont pas l’intention de leur céder la place. Et c’est tant mieux.

 

Karine PROST

Avignon, 13 juillet 2026 

Photo © Avignon et Moi - 2026


Texte et mise en scène : Alain Sachs

Avec : Emilien Fabrizio, Jacques Fontanel, Léa Py, Alain Sachs, Isabelle Tanakil, Stéphane Titeca


Tournée

Théâtre de Passy (Paris) à partir du 22 septembre 2026

 
 
 
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