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De père en fils, l’éternité d’un lien

  • ruedutheatre
  • il y a 4 heures
  • 2 min de lecture

COUP DE CŒUR DE LA REDACTION

Au nom du père, ou l’audace de la vérité – Théâtre Coin de Lune – 19h20


Sobriété, émotions et transmission sont au cœur de ce récit à trois voix, sur la relation père/fils qui se construit au fil des générations. Un spectacle brillamment interprété, mis en scène et en lumières. Superbe. Et puissant.

 

Installé à New-York depuis quatre ans, où il s’épanouit professionnellement et familialement, un homme vient à Paris en voyage professionnel. Une occasion pour venir saluer son père, qu’il n’a pas vu depuis son départ. Des retrouvailles attendues de part et d’autre. Pour que chacun puisse poursuivre sur le chemin de la filiation qui les lie. Et le relie au-delà, aux générations précédentes. Des retrouvailles qui permettront de poser des mots sur des silences, des souvenirs. Sur des non-dits. Entre pudeur et emportements.

 

Sur scène, trois hommes. Fils, père, grand-père. Les temps s’entrecroisent habilement. Les pères des générations précédentes s’esquissent dans les récits. Entrecroisés de manière habile. Sans que le fil narratif ne soit jamais rompu. Un tour de force qui résulte tout à la fois des choix de mise en scène, du texte, des créations lumières. Et du jeu des comédiens. Fils, Père, Grand Père sont incarnés, au sens premier du terme. Les trois acteurs semblent s’oublier pour ne plus être que leur personnage. Ils ne les jouent pas, ils leur prêtent leur corps, leur voix et leur visage. D’une émotion retenue à un emportement, d’une confidence à un souvenir d’enfance. D’une lettre lue, à une lettre écrite. Bernard Lanneau, Salvatore Caltabiano et Stéphane Baquet sont exceptionnels. Habitant leur personnage jusque dans les silences et les pénombres. Impressionnant.

Superbes aussi les lumières, qui sculptent les espaces et les temps. Elles créent des ombres mouvantes, douces, subtiles. Inondent un visage ou une colère. Esquissent un souvenir. Eteignent un monologue. Avec une infinie beauté. La mise en scène semble quant à elle se glisser entre les mots. Pudique, exceptionnelle d’efficacité dans sa retenue. Magnifique dans la manière dont elle se joue des monologues, construits parfois en échos, parfois en duos. Toujours au service du texte et de l’émotion.

 

Et ni la force du texte, ni la maîtrise du jeu des comédiens, ni l’excellence de la mise en scène ou la subtilité des créations lumières ne s’imposent sur les autres. Tout est fluide, équilibré. Au service du texte. Au service d’une émotion pure. Inspirée. Peut-être par le Père en personne…

Karine PROST

Avignon, 15 juillet 2026 

Photo © DR

De : Dominique Rey, Serge Sarkissian

Mise en scène : Bernard Lanneau

Avec : Stéphane Baquet, Salvatore Caltabiano, Bernard Lanneau

Création lumière : Stéphane Baquet

 
 
 
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