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  • ruedutheatre

Impensable et pourtant véridique : du ciel en enfer

Festival Off – Le complexe de Dieu – Espace Roseau Teinturiers – 17h50

 

On ose à peine y croire tant cela paraît invraisemblable ; en sortant, une réplique encore en tête «Maintenant je sais que se faire culbuter par un curé est héréditaire », on se permet même d’accuser la compagnie d’en avoir remis une couche supplémentaire. On se renseigne par honnêteté intellectuelle et l’on nous confirme que ce n’est pas une fiction mais une réalité, étonnement, bien réelle.

 

En effet, l’auteur, Anthony Puiraveaud, a été ému par les confidences du vécu d’un ami de longue date. Sans tomber dans le pathos, le règlement de comptes, le voyeurisme, il témoigne des abus trop longtemps tus causés par des membres du clergé au sein d’une famille « qui a fréquenté plus les églises que la fac ». En parallèle, il explique, pour notre plus grand plaisir, comment se monte un Molière, « Tartuffe » en l’occurrence, rend visible l’envers du décor, dévoile les difficultés pour un comédien, bloqué par ses propres émotions enfouies, d’incarner un personnage.



Du théâtre documentaire sociétal. La pièce se déroule sur trois époques (1975 / 1987 / 2000) clairement définies par des changements d’éclairage, des signes scéniques vestimentaires simples et évidents. Elle démonte et démontre parfaitement les mécanismes récurrents mis en place par un séducteur-manipulateur-culpabilisateur, même quand ce dernier est mis à découvert et jugé. Très probable que des spectateurs victimes eux aussi de personnes perverses auront une réponse à leur mal-être, leur colère intérieure qui les empêchent d’avancer, les freinent dans leur parcours de vie, tout comme Matthias pourtant soutenu, conseillé par Céline, sa pote de toujours.

 

La pièce révèle aussi le fossé qui se creuse à l’intérieur d’un couple où règnent les non-dits, entre des parents aimants, à la culture réduite aux variétés, et leur fils sensible aux textes classiques et à l’art en général.

Du théâtre, certes pas innovant, cependant salvateur autant pour celle et celui qui le regarde, que pour ceux qui en font et en vivent.

 

Isabelle SPRIET

Avignon, 9 juillet 2024

 

Photo : Franck Harscouët

Texte : Anthony Puiraveaud

Mise en scène : Jean-Luc Voyeux

Interprètes (en alternance) : Olivier Troyon - Théo Dusoulié / Laure Duédal - Lucille Bobet / Anne-Cécile Crapie - Béatrice Vincent / Jean-Luc Voyeux - Jean-Marc Coudert

Lieu : Espace Roseau Teinturiers jusqu’au 21 juillet, relâche mardi

Durée : 1 h 15

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