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Maestro des mots le Bruno

  • ruedutheatre
  • il y a 6 heures
  • 2 min de lecture

Ma 9e symfolie ! – Épiscène – 20 h 35

 

Entre un Raymond Devos pour sa jubilation de la langue française et un Guy Bedos pour son observation critique de nos semblables, Bruno Coppens, en apparat d’homme orchestre, enchante avec sa « 9e symfolie » : une ode à la joie pour le public.

 

Diplôme de philologie romane en poche, Bruno Coppens, amoureux de la langue de Voltaire, désireux de transmettre et propager sa passion, se dirige vers l’enseignement. N’est-il pas vrai qu’un professeur est aussi et d’abord un acteur-animateur dont le devoir est d’accrocher, happer l’attention de personnes qui n’ont pas totalement choisi d’être présentes devant le maître ? Très vite, comme il le rappelle dans ce seul en scène, il déchante, ses élèves, option garage en lycée professionnel, préférant de loin qu’on leur parle de Prost plutôt que de Proust ! Il troque alors le tableau pour le plateau.

 

Influencé par le québécois Marc Favreau alias Sol, les premiers spectacles du Tournaisien impressionnent par la quantité et la qualité de jeux de mots créés. Déjà, du grand art, de la grande éloquence. Par analogie au domaine musical, Coppens n’est pas style opérette mais genre opéra : fort, intense et… pas toujours acoustiquement compréhensible.


Comme tout bon prof soucieux de varier les moyens pédagogiques, fidèle à sa langue maternelle et ses richesses intrinsèques, à sa ligne artistique, en complicité depuis plus de vingt ans avec le metteur en scène Éric De Staercke, l’humoriste, homme de lettres, confie son vécu, ses questionnements, ses réflexions en alternant, pour notre plus grand plaisir, anagrammes, acronymes, anecdotes, animations graphiques.

 

L’artiste aux cheveux’neige’, c’est lui-même qui le dit !, excelle dans les mots devenus bons, leurs métamorphoses quand les mots filent ! Tout l’intéresse : la langue des jeunes (RAF n’est plus Royal Air Force), le dérèglement climatique (nous ne sommes pas encore à 49,3 !), la politique (allusion caustique à l’actualité, parallélisme amusant entre sa Belgique à lui et la France où il se produit), le wokisme, les langues de bois tant chez les restaurateurs que chez les élus baratineurs.

 

Comme après avoir suivi le cours d’un enseignant aimant son métier, après avoir écouté pendant plus d’une heure l’opus de l’écrivain-comédien passionné et passionnant, simple et à l’aise sur scène, nous quittons la salle, détendus, le sourire aux lèvres, plus riches en savoirs, ‘certains’ que, sans ‘craintes’ (!), de savoureuses anagrammes seront gardées en mémoire, ne serait-ce que celle-ci : Ca déprime , oh que non, Carpe diem !

 

Isabelle SPRIET

Avignon, 10 juillet 2025

 

Photo : DR

Mise en scène : Éric De Staercke

Assistante à la mise en scène : Cécile Delberghe

Costumes : Raphaëlle Debattice

Décor : Pierre Legrand

Lumière : Nicolas Fauchet

Musique originale : Eloi Baudimont

Mapping : Glitch

 

En tournée :

 - 09/08/2026    Royal festival Spa (B)

- 15/08/2026    Festival Théâtre au Vert, Silly (B)

- 19/09/2026    Espace Senghor, Etterbeek (B)

- 02/10/2026    Tubize (B)

- 24/01/2027    Théâtre de Châteauneuf- le-Rouge, Aix en Provence

- 10/4/2027      Le spotlight, Lille

 
 
 

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