Bonheur en trompe l’œil
- ruedutheatre
- il y a 23 heures
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Pays Bonheur, la Scala Provence – 15 heures
Quand on n’a rien alors que d’autres ont tout, comment ne pas rêver d’exil et de voyage vers ces contrées d’opulence ? Construit comme le témoignage sobre et poignant d’un migrant qui rêvait juste d’une vie meilleure, Pays Bonheur est la voix des migrants illégaux. D’autres nous. Juste nés ailleurs…
Un souffle, haletant. Un regard hagard, des larmes. Des mots, heurtés, emplis de douleurs. De violence et de sang. Des paroles dites comme pour exhorter ce qu’elles cachent de désespoir et d’horreur. Et puis le fol espoir de l’horizon et de ses au-delà. La nécessité de partir vers une autre vie. Digne. Heureuse. Dans un pays où tout serait bonheur.
Pays Bonheur retrace ces trajectoires, ces destins épars comme le parcours d’un seul homme. A l’instar d’un kaléidoscope qui recrée une image à partir d’éclats fragmentés. Thierry de Pina habite les mots d’Emmanuel Darley pour les faire entendre. Sans ostentation. Sans pathos. Pour qu’ils sonnent justes. Il sera la voix et le corps du migrant. Dans ses espoirs comme dans ses désillusions. Il sera passeurs et patron, un brin caricaturaux et cyniques à souhait.

Le comédien joue de l’espace (pourtant bien réduit), des lumières et de quatre chaises pour esquisser les lieux de passage ou de vie. Salon, cale de bateau, immeuble insalubre, chantier de construction. Il empile, assemble et raconte toute une vie d’espoirs et de désillusions. Quand le « là bas » rêvé devient un « ici » sordide. Un quotidien trop souvent invisibilisé par le politiquement correct et le confortable de nos vies.
Un spectacle esthétique et engagé, servi par un jeu habité et une mise en scène inventive, qui gagnera à trouver un rythme un peu plus soutenu afin de pouvoir en exprimer toute la puissance.
Karine PROST
Avignon, 7 juillet 2026
Photo : Nathan DAN
Texte : Emmanuel DARLEY
Mise en scène et interprétation : Thierry De Pina




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