Biopic en musique
- ruedutheatre
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 heures
« Coucou, c’est la guerre ! », comédie musicale créée au départ pour des fêtes de fin d’année, redonne vie à Edith Cavell, infirmière anglaise installée en Belgique et fusillée en 1915 pour espionnage : elle est venue en aide à de nombreux soldats alliés désireux d’échapper à l’ennemi envahisseur.
Ces dernières années, sur les écrans, sont apparus de nombreux films biographiques sur des personnalités de la peinture (Bonnard), de la variété (Monsieur Aznavour). En 2007, Marion Cotillard recevait l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation d’Edith Piaf (prénom à elle donné en hommage à notre infirmière devenue héroïne de guerre) dans « La Môme ». Sur les planches, les comédies musicales attirent plus que jamais ! La compagnie « Il est temps d’en rire » s’est mise au diapason avec ce spectacle qui allie biopic, histoire mondiale, musique, chansons, théâtre, vidéo,…
Écran en fond de scène, plateau nu, Louis Preudhomme, multi-instrumentiste, s’installe côté cour. Une première chanson interprétée par un quatuor d’artistes polyvalents f(rap)pe d’entrée. Les informations biographiques sont denses, l’interprétation, énergique. On apprend d’emblée qu’Edith Cavell, institutrice dans son pays natal, infirmière et résistante à Bruxelles, n’avait pas comme objectif de marquer l’Histoire mais simplement de faire son devoir. Cette priorité, cette valeur de vie qui transparaît tout au long du récit fait grand bien dans notre monde actuel où, avouons le, pour beaucoup, le paraître, l’avoir ont supplanté l’être.

Aucune baisse de régime : les transitions se font à vue, les scènes s’enchaînent alternant jeu, chorégraphie, chant en solo, duo et chœur, les images défilent pour illustrer et capter encore et toujours l’attention. Les comédiennes et comédiens ont une belle présence, sont justes et crédibles dans la panoplie des personnages évoqués qui révèle un excellent travail corporel : l’infirmière résistante, l’infirmière aidante, le gouverneur prussien, le soldat espion, l’agriculteur vénal, le marin serviable, …
L’émotion, le sourire, la réflexion gagnent les spectateurs : faut-il œuvrer pour que la guerre s’arrête ou vivre avec la guerre ? Allusions didactiques sur l’industrialisation et ses conséquences, sur l’architecte Horta et le roi Léopold II, sur ce qui a contribué à ce que la Belgique soit la première puissance mondiale au début du XXe siècle.
Est-ce parce que l’écriture est collective ou est-ce les intentions de la mise en scène, nous avons cependant une impression de représentation un peu fourre-tout qui part dans toutes les directions (repères temporels flous et anachroniques, géographie zigzagante, esthétique disparate des décors projetés), sans trop de cohérence, un rien démagogique. C’est plaisant, très plaisant mais n’est-il pas à craindre que vouloir plaire à tout prix, séduire le plus grand nombre provoque un sentiment de frustration et/ou de déception chez les véritables amoureux et connaisseurs des arts de la scène ?
Isabelle SPRIET
Thoricourt, 18 août 2026
Photo © Daniel Pilette
Mise en scène : Thibaut Nève et Isabelle Defossé
Écriture : Céline Scoyer, Thibault Packeu, Stephane Pirard et Louis Preudhomme
Avec : Julie Lenain, Thibault Packeu, Stéphane Pirard, Aurianne Servais ; Louis Preudhomme
Dramaturgie : Thibaut Nève et Thibault Packeu
Conseillère historique : Nathalie Stalmans
Scénographie et costumes : Sophie Hazebrouck
Création sonore : Louis Preudhomme
Ingénieur son : Guillaume Lion
Création lumière : Martin Delval
Tournée
17 août 2026 - Bruxelles - Château du Karreveld
19 novembre 2026 - Braine-Le-Comte - Salle Baudouin IV
25 novembre 2026 - Wavre - La Sucrerie - Auditorium 850
11 décembre 2026 - Auvelais - Théâtre communal
15 et 16 décembre 2026 - Bruxelles - W:HALLL (Auditorium)
16 et 17 janvier 2027 - Bruxelles - W:HALL (Auditorium)
4 et 5 février 2027 - Bruxelles - W:HALL (Auditorium)




Commentaires