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Madame Clarinette ? C’est elle !

  • ruedutheatre
  • il y a 3 minutes
  • 3 min de lecture

Coup de cœur la rédaction

 

Après le festival d’Avignon en 2023 et 2025, « Second souffle » a propagé un air plus qu’oxygénant sur le festival Théâtre au Vert qui fêtait sa 25e édition.

 

Pléthore ces dernières années de romans autobiographiques, autofictionnels, de seuls-en-scène pour se raconter, étaler sa vie. Quand on lit l’annonce du spectacle, on se dit un de plus ! Les raisons de cette profusion sont multiples : besoin de thérapie, de défi, de reconnaissance, de règlement de comptes, de rêve réalisé,… Rien de tout ça n’habite Morgane Raoux, auteure et interprète.

 

L’espace scénique est délimité par une dizaine de chaises plus que banales, de tailles différentes ; au centre, un grand carré opalin, telle une page blanche. Morgane apparaît en compagnie d’Arthur Cachia, son partenaire de théâtre. Un duo d’apparence plus qu’ordinaire : pantalons et blouses noires, aucune fioriture.

 

Morgane commence à raconter, tout, depuis le début. Les mots sont simples, les phrases sont courtes. Instantanément, nous sommes happés par ses dires. Elle confie qu’elle a grandi dans une famille où la joie de vivre était une évidence. Parce que sa mère, elle, a grandi dans une famille en deuil. Parce que son père n’a pu devenir prof de gym, synonyme prof de galipettes, il a encouragé ses trois enfants à écouter et à suivre leurs envies. Morgane souhaite être clarinettiste professionnelle. Confinée dans une cité à Clermont-Ferrand, traumatisée à l’âge de six ans par un pervers aux agissements odieux et destructeurs, devenir musicienne était loin, par contre, d’être une évidence.

Sans pathos, sans esbroufe, avec un naturel rarement constaté sur scène et une sincérité vraie (pourtant, nous sommes au théâtre et donc, est aussi à pointer l’intelligent travail de mise en scène de Julie-Anne Roth), la maman de Capucine et de Léonard nous donne à connaître toutes les personnes qui ont jalonné son chemin de vie, de vie d’artiste mais aussi son chemin de mort parce que, oui, elle a failli mourir plusieurs fois, ses poumons la lâchant. Arthur Cachia, toujours en retrait, lui aussi à l’écoute, avec, comme seuls accessoires, un foulard et un bandana, se met au service de l’autrice-narratrice pour incarner, avec une extrême justesse et une extraordinaire présence, parents, amis, directrice d’école, animatrice musicale, professeur de clarinette, chirurgien pneumologue,…

 

A notre tour, nous voici touchés au plus profond de notre corps, pardon, le souffle coupé, les larmes aux yeux en écoutant Dame Morgane dont le seul et unique message qu’elle souhaite transmettre est le pouvoir magique de la musique sur les êtres humains puisque c’est la musique qui l’a sauvée et la sauve encore et toujours.

Merci tout grand à vous, Madame Clarinette, c’est plus que chouette ! Vivifiant.

 

Isabelle SPRIET

Thoricourt, 16 août 2026

Photo © TAV

Texte : Morgane Raoux - D'après le livre « Je ne souffle pas, je chante ! » (éd. Michalon)

Mise en scène : Julie-Anne Roth

Avec : Morgane Raoux, Arthur Cachia

Scénographie : Salma Bordes

Création lumières : Rémi Cabaret

Création sonore : Yoann Blanchard

Illustration : Maud Legrand

 

Tournée

 22 octobre 2026 à Bruxelles (Belgique)

23 octobre 2026 à Sambreville-Cracs (Belgique)

05, 06, 07 et 08 novembre 2026 à Ittre (Belgique)

11, 12, 13 et 14 novembre 2026 à Ittre (Belgique)

20, 21 et 22 novembre 2026 à Ittre (Belgique)

03 décembre 2026 à Gembloux (Belgique)

30 janvier 2027 à Waterloo (Belgique)

18 et 19 février 2027 à Spott (Belgique)

07 mars 2027 à Sainte-Foy-Les-Lyon (69)

08 mars 2027 à Riom (63)

24 mars 2027 à Theux (Belgique)

 
 
 

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