Maux à maux
- ruedutheatre
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Un contrat - Théâtre du Collège de la Salle – 18h50 (relâche le 22 juillet)
Face à face, façon combat psychologique, entre un gangster et celle qu’il a choisie pour être sa thérapeute, « Un contrat » esquisse tout à la fois les noirceurs quotidiennes de l’âme et les subtilités de la relation de pouvoir entre deux personnes. Un jeu précis, servi par une mise en scène épurée. Et puissante.
Un plateau nu. Un homme, une femme, dos à dos. Un peu comme en préparation à un duel au pistolet, comme il en existait encore au XIXe siècle. Sauf qu’ici, point d’arme à feu. Juste des mots, des questions, des confidences. Au départ mystérieux, en grande partie en raison de l’absence de décor, le dialogue se précise. Les personnages s’affirment, s’affinent. Et petit à petit, on entre leur psyché. Huis clos entre une psychiatre et son patient, cette pièce s’inscrit un peu dans la mouvance de la série « Les Sopranos ». L’humour en moins. La tension en plus.

Ici, tout se construit en effet sur des enjeux de pouvoir. De guérison, de vie, de mort. Pouvoir du thérapeute sur son patient, pouvoir du patient sur sa thérapeute. La tension est palpable dès les premières minutes de la pièce. Elle s’atténue ou se ravive au fil de l’intrigue. Avec subtilité. D’un geste, la psychiatre semble ouvrir une fenêtre de lumière, comme un passage vers un souvenir auquel le patient ne peut se soustraire. Face à elle, comme un adversaire sur un ring, le patient déroule ses confidences, ses angoisses, ses fragilités. Ses menaces.
La mise en scène souligne cette relation oscillant sans cesse entre confiance et défiance. Si les scènes face public peuvent sembler un peu trop fréquentes, sans apporter de réelle plus-value à l’ensemble, les dialogues sont la plupart du temps mis en vie avec toute l’ambivalence de la relation qui unit les personnages. L’épure extrême de la scénographie met l’accent sur les ressorts du psychisme et les noirceurs de l’âme. Les créations lumières et les costumes concourent également à la mise en exergue de cette confrontation constante, dans laquelle la psychiatre, sure d’elle, semble perdre peu à peu pied. Avant de rependre l’avantage. Comme dans un combat. Particulièrement bien interprété.
Karine PROST
Avignon, 22 juillet 2026
Photo © DR
Texte : Tonino Benacquista
Mise en scène : Salvatore Caltabiano
Avec : Dorothée Leveau, Patrick Seminor
Musique : Eric Craviatto
Création lumière : Stéphane Baquet




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