Vagabondage esthétique…
- ruedutheatre
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 Vagabond – Théâtre du Chien qui fume – 16h10
Une pièce en demi-teinte, dans laquelle le jeu, la mise en scène et les lumières soulignent très adroitement les ombres de la vie de deux SDF. Mais un texte qui peine à convaincre.
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Deux oubliés de la vie, dans leur refuge ouvert aux quatre vents. Lui récite des vers et tricote un cache-nez sans fin. Elle ramasse les mégots pour en revendre le tabac. Deux solitudes qui se rencontrent, se taisent, se parlent, sans jamais se dire vraiment. Deux destins dont on ignore tout. Et qui resteront mystères, jusqu’à la fin.
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Deux sans domicile fixe donc. Comme on en voit souvent. Dont on ignore tout. Parfois jusqu’à l’humanité. Choisir de les mettre en scène relève d’un choix politique fort. Montrer, avec force esthétique grâce à des lumières adroitement pensées et réalisées, que ceux qui vivent de la cloche sont d’autres nous. Humains parmi les humains. Même s’ils sont relégués aux confins de la ville. La scénographie et la mise en scène sont d’ailleurs à ce propos particulièrement pertinentes et efficaces. En avant-scène, le logement de fortune de nos deux vagabonds. Deux murs chancelants qui offrent à peine un toit. En arrière scène, l’espace de la ville, comme flouté par une gaze noire. Un espace qui abritera tous les lieux, tous les sons de la ville. Au loin.
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Jean-Marc Catella, Stéphanie Lanier font vivre leurs personnages avec force et retenue. Ils jouent de la pudeur et de l’emportement avec un égal talent. Salvatore Caltabiano endosse une multiplicité de rôles, comme un caméléon. Changeant de posture et de ton à chaque changement de costume. La mise en scène est dynamique et permet de donner un rythme fort au spectacle.
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Et pourtant, difficile de se laisser totalement convaincre. Pourquoi mettre ainsi en ombres et lumières des SDF si c’est pour ne rien dire de leur vie, de leur humanité personnelle ? On est ici dans une esquisse du quotidien, avec ses violences, ses rêves auxquels personne ne croit. Et ses petites réussites ordinaires. Mais sans rien en dire de plus. Décrire, même avec esthétique et talent, est un tableau sans profondeur. Un théâtre bien étroit.
Karine PROST
Avignon, 19 juillet 2026Â
Photo © Philippe Hanula
Texte : Gérard Vantaggioli
Mise en scène : Gérard Vantaggioli
Avec : Salvatore Caltabiano, Jean-Marc Catella, Stéphanie Lanier
Musique : Eric Breton
Création lumière : Franck Michallet
Marionnette : Elise Cornille
