Théâtre : le « Cinquième pouvoir » ?
- ruedutheatre
- il y a 2 jours
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Madame, monsieur, bonsoir ! – La Factory - Chapiteau – 17h50 (jusqu’au 20 juillet)
Miroir à peine déformant de ce que devient une partie du « 4ème pouvoir » dans nos démocraties de plus en plus vacillantes, « Madame, Monsieur, bonsoir ! » est une comédie aussi enlevée que militante. Rythmée. Et sacrément efficace.
A l’heure où l’information en continu devient la règle dans de nombreux médias télévisuels alors qu’en parallèle les réseaux sociaux concurrencent l’accès vérifié à l’information, faut-il dénoncer ou défendre la presse ? Celle-ci est-elle encore un véritable « Quatrième pouvoir » ou est-elle devenue le support de diffusion d’idées idéologiquement orientées par les patrons d’une presse concentrée à outrance ? Et que peuvent les journalistes au milieu ? Sont-ils victimes ou acteurs ? C’est à toutes ces questions que le collectif AIAA (Atelier d'initiatives artistiques et artisanales) soulève, en proposant des pistes de réponses plutôt tranchées.
Sur scène, trois comédiens endossent successivement une multitude de rôles. De la reporter correspondante de guerre larguée en pleine zone de conflits à des cours de journalisme sur le terrain. Les scènes oscillent entre gag visuels et réalisme féroce. Avec une mention spéciale à la scène d’ouverture qui cumule les deux éléments de manière spectaculaire.

Le monde des médias est ici passé tout cru à la moulinette de leur humour décapant. Les choix éditoriaux, les « direct live » où il ne se passe rien, la concentration des organes de presse, le J.T. « 4.0 », l’information version show grand spectacle. Voici bien ici l’information « entertainment » dans toute la splendeur de sa décadence.
Le collectif AIAA nous entraine dans un tourbillon incessant de trouvailles drôles, parfois délicieusement cyniques. Texte, mise en scène et jeu se retrouvent dans un dynamisme de tous les instants et le public adhère. Une nuance, peut-être, sur la scène dénonçant les conseils contradictoires donnés pendant la crise de la Covid. Moins actuelle sur le contenu et surtout pas forcément pertinente sur le fond. Pour le reste, on est dans l’excellence. L’exagération sert le propos militant et citoyen. Comme un joyeux appel à la révolte du public. Pour une information libre. Vérifiée. Et contradictoire.
Karine PROST
Avignon, 18 juillet 2026
Photo © Kalimba
Création collective compagnie AIAA
Avec : Angélique Baudrin - Audrey Mallada - Thomas Nucci
Régie : Wünsch Benjamin
Collaboration artistique : Céline Texier Chollet




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