top of page

Le théâtre, acte politique et mémoriel

  • ruedutheatre
  • il y a 24 heures
  • 2 min de lecture

Les Caisses de la Honte ou Rose Valland – Théâtre Buffon, 11h20

 

Entrecroisant habilement la petite histoire dans la grande et la grande dans la petite, Pierrette Dupoyet invite à (re)découvrir Rose Valland. Dans un parcours à la fois sobre et vibrant, qui met à l’honneur une femme résolument moderne et engagée. Puissant.

 

Rose Valland aurait pu être institutrice du côté de Grenoble. Mais le destin, largement orienté par son talent et son courage, en a décidé autrement. La petite fille éprise de reproductions d’œuvres d’art, deviendra conservatrice de musée. Et résistante de l’ombre, espionne au profit de l’Etat français. Toujours au service de l’Art.

 

C’est ce destin hors norme et pourtant méconnu que Pierrette Dupoyet vient ici célébrer. Œuvre militante, féministe, mémorielle, « Les Caisses de la honte » reconstruisent un pan de notre histoire. Sans violence ni excès. Pierrette incarne une Rose vibrante, humble et courageuse. Une Rose engagée, volontaire, vive. Qui osa espionner jusqu’à Göring lui-même. Afin de répertorier toutes les œuvres d’art pillées dans les musées et les collections privées par les Nazis. Dans des petits carnets, pleins de mesures, descriptions, destinations prévues. Et qui ont permis de retrouver plusieurs dizaines de milliers d’œuvres d’art, une fois la guerre finie.


Tout est ici créé au service de l’histoire et de la vérité. Pierrette Dupoyet met son talent de comédienne au service du texte et le texte au service de l’histoire. Elle donne vie à son personnage, lequel nous raconte ses indignations, ses craintes, ses courages. Evoque à demi-mots un modernisme féministe. Affirme l’engagement politique et militant. Sans jamais que la comédienne ne prenne le pas sur le personnage.

 

Même discrétion talentueuse pour la mise en scène et la scénographie. Exit le superflu, le visible, le redondant. Seul l’essentiel est gardé. Quelques toiles, des carnets dont l’importance s’esquisse crescendo tout au long de la représentation. Des lumières qui suggèrent la douceur de l’enfance ou la froideur glaçante des nazis. Un habillage sonore dépouillé mais efficace. Une économie volontaire de moyens qui donne toute la force au propos. Pour une heure d’histoire dans l’Histoire. Une heure hors du temps. Pour que la mémoire perdure.

Karine PROST

Avignon, 6 juillet 2026 


De et avec : Pierrette DUPOYET

photo : DR


 
 
 

Commentaires


  • Facebook
  • Instagram
  • Twitter
bottom of page