Croyant ou pas, on adhère
- ruedutheatre
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Papa, Dieu et moi – Théâtre Episcène – 13 juillet à 18 h
Une confession sincère à l’autodérision salvatrice de et par Jacques Sojcher, docteur en philosophie, né au moment où l’armée allemande a envahi la Pologne et dont le père a disparu à Auschwitz.
Un chapeau de paille sur la tête, « le soulier du cerveau » comme l’a chanté Guy Béart, le pas ralenti, Jacques Sojcher arrive sur scène précisant qu’il revient de chez son psy. Il le soupçonne d’être un rabbin déguisé et de vouloir le ramener à la foi de ses ancêtres. Le ton est donné : ce sera drôle, pertinent, percutant et émouvant à chaque évocation du père absent, un manque jamais comblé, une blessure toujours béante, une incompréhension éternelle.
L’œil pétillant, le sourire malicieux, l’air espiègle, le professeur honoraire d’université nous parle de lui, sans artifice, sans langue de bois. Du jour de la coupe de son prépuce donné à Yahvé en signe d’Alliance avec un dieu invisible jusqu’à sa visite au camp de concentration. Il se souvient qu’enfant, parce que son papa n’est pas là, il pleure le jour et dort mal la nuit. Il se demande comment croire à la miséricorde quand on se sent orphelin, un fantôme qui erre à vie dans la vie ?

On ne peut pas s’empêcher de rire, même si on est habité par une foi reçue en héritage ou vécue encore au quotidien, quand celui qui a lu Spinoza et Nietzsche nous raconte qu’il a cru en Saint-Nicolas, au père Noël, même aux poissons d’avril, mais pas en Jésus asexué et en la promesse d’une vie sans sexe dans l’au-delà. Il reconnaît cependant que le Fils de Dieu défend les laissés-pour-compte, la femme adultère, que le messie peut être violent quand il chasse les marchands du temple et, in fine, masochiste puisqu’il se laisse crucifier !
On sourit quand Saint-Augustin est qualifié de chaud lapin, de bon client pour Freud et pour cause : il demande à Dieu de le délivrer de ses rêves !
Une lecture-spectacle par l’auteur lui-même, à l’écriture incisive et poétique, qui ne croit pas aux miracles mais les génère. Incroyable la présence indéniable de ce petit homme qui célèbre la Vie et appelle à nous aimer, nous aimer les uns les autres. Merci Monsieur Sojcher, merci pour votre humanité, votre amour avec un grand A.
Isabelle SPRIET
Avignon, 7 juillet 2026
Mise en scène : Cyril Le Grix
Photo : D R




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